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Otages de l’élection présidentielle

Il y a quelques jours, le mouvement des rogressistes (mdP) appelait à la raison au sujet de la loi travail.  Il lui semblait, après 3 mois de tensions sociales fortes et l’utilisation du 49/3, que demander l’arrêt du processus parlementaire pour donner la priorité à l’ouverture de nouvelles négociations relevait du bon sens.

Au lieu de cela, le Président, en permettant que le processus législatif se poursuive, laisse la majorité sénatoriale « droitiser » le texte de loi gouvernemental.  Afin, dit il, de montrer les différences existantes entre « sa » gauche et l’opposition et ainsi faire en sorte que face à la copie rétrograde de la droite le moindre mal se mue en avancée sociale. La ficelle est grosse.

La stratégie électorale l’emporte sur le fond et est à mille lieux des préoccupations quotidiennes et  démontre que les Français sont surtout les otages de l’élection présidentielle. Elle ne peut qu’amplifier le regard critique et désabusé des citoyens envers leurs représentants.

Le coup politique et l’obstination ne permettent pas de répondre aux questions légitimes des salariés, notamment ceux du privé. Des salariés qui vivent déjà le développement de la précarité, la libéralisation du marché du travail et s’interrogent sur les conséquences individuelles et collectives des changements proposés dans le cadre des futures relations sociales à l’entreprise.

En réaffirmant qu’il ne bougera pas d’un iota sur la philosophie de la loi, en adoubant les syndicats qu’il considère comme les bons et en fustigeant tous les autres, en réanimant de malsaines divisions, en concédant bien tardivement des réponses sectorielles et catégorielles tout en prônant l’intransigeance par ailleurs, le Gouvernement continue de dénaturer l’idée de réforme et transgresser la notion de compromis.

Aussitôt la droite et ses candidats en profitent pour repartir en croisade contre les fonctions publiques, leurs agents, les dépenses publiques, les statuts particuliers… et le MEDEF tout à sa soif de dérégulation profite de l’aubaine gouvernementale pour s’élever contre toutes les contraintes et approcher son rêve de code du travail assujetti à la vie de chaque entreprise.

Au moment où même le FMI est amené à déplorer la primauté donnée à un développement économique se construisant au détriment des êtres humains, la volonté gouvernementale de faire de l’entreprise le maillon à privilégier dans le cadre de la concurrence économique équivaut à rester sourd à l’exigence d’un tout autre type de développement. Un développement respectueux de la planète et des hommes.

C’est aussi dans le respect de nouvelles exigences sociales et environnementales, comme à la place et aux responsabilités de l’entreprise dans la cité que nous devons réfléchir pour que nous nous dotions d’un code du travail et de relations sociales à l’entreprise utiles et modernisées.

Ne pas permettre d’ouvrir en grand ce débat serait révélateur d’une vision étriquée, élitiste et purement économiste du citoyen à l’entreprise et équivaudrait à accepter l’idée que le salarié de demain serait de plus en plus considéré comme une variable d’ajustement de l’activité économique.

Pour le mouvement des Progressistes
Laurent Dumond

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