Pour une Europe de la paix…

Les JdE 2021 ont été l’occasion de constater une convergence entre EELV et le MdP sur la question de la sécurité en Europe. Je pense en particulier à la réflexion commune sur le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) avec Mounir Satouri, député européen. Dans le prolongement de notre débat à Poitiers, le MdP propose de renforcer, dès 2022, les mesures existantes de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC) en Europe.

            Toutes les familles en France et en Allemagne gardent le souvenir des « poilus » de retour des tranchées en 1918, polytraumatisés (« gueules cassées ») mais aussi brûlés, asphyxiés ou empoisonnés par des obus contenant des gaz toxiques ou létaux. Le chlore, le gaz moutarde ou le phosgène semblaient devoir disparaître des arsenaux suite au protocole de Genève (1925) . Celui-ci visait l’interdiction de l’usage des gaz asphyxiants, toxiques et des « moyens » bactériologiques. Il faudra cependant attendre 1993 (Conférence de Paris) pour qu’une convention sur « l’interdiction de la mise au point, la fabrication, le stockage et l’emploi des armes chimiques » soit signée par 130 états.

La Chimie au service des crimes de masse.

             L’histoire retiendra les forfaitures et crimes de guerre, principalement du fait des USA et de l’URSS mais aussi de leurs affidés respectifs qui profitent de la prolifération en dépit de l’interdiction.

L’usage massif du napalm et de l’agent orange au Vietnam par l’armée américaine (1955-1975) fait suite aux essais effectués en Corée (1950-1953). De même, l’usage immodéré de gaz neurotoxiques par l’armée russe en Afghanistan (1980) sur le théâtre des opérations précède celui du conflit Irak-Iran (1980-1988). Avec quelques précautions d’emploi, ce type d’arme permet aussi aux dictateurs de mater leur population à moindre coût. Le droit international peut aussi être bafoué ou contourné dès lors qu’un pays signataire utilise des armes chimiques, sans avoir ratifié le CIAC. Le phosphore blanc est une arme incendiaire et son usage constitue un crime de guerre qui doit être dénoncé comme tel : par l’armée russe contre les Tchetchènes, par Saddam Hussein contre les Kurdes, par Israel contre Gaza (2008-2009)…etc.

Pour une initiative forte en 2022.

            En 2022, la France pourrait être à l’initiative d’une déclaration actualisée des armes chimiques. Cette démarche serait plus forte à l’évidence si l’Allemagne portait les Ecologistes au pouvoir. En effet, nous devons encore être vigilants pour la surveillance de certaines activités de l’industrie chimique afin de prévenir les risques de diversion militaire. Ces missions qui sont celles de l’OIAC basé à La Haye (organisation pour l’interdiction des armes chimiques) devra ainsi superviser la destruction des armes chimiques et des installations militaires liées. Cette démarche forte permettrait aussi de condamner sans réserve l’usage par la Russie de Novitchok ou de Polonium pour empoisonner ses opposants politiques. Sans aucun doute, la coopération souhaitée entre les Etats européens ne peut que contribuer à renforcer ce monde de Paix auquel nous aspirons.

Avec Stéphane Hessel, continuons de nous indigner !

Jean Couthures, membre du bureau national du MdP

Auteur : Jean Couthures

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