Convention citoyenne pour le climat, une ambition sous contrôle, des attentes déçues…

La convention citoyenne pour le climat vient de mettre un terme à sa réflexion de 9 mois (150 propositions) par le vote, dimanche 21 juin, d’un rapport final portant sur 50 points.

Cette démarche semblait de bon augure pour refonder notre société sur d’autres bases prenant cette fois en considération la justice sociale et notre responsabilité collective pour éviter l’effondrement de l’environnement lié à la crise climatique.

Une démarche qui a nécessité d’imprégner les participants d’une culture scientifique dispensée par de nombreux spécialistes. Dès lors, en dépit des clivages apparus durant les débats préliminaires, le bilan final ne précise pas l’ampleur de la réduction des gaz à effet de serre qui pourrait résulter de la mise en œuvre des 50 mesures, à dessein. Le seuil critique d’augmentation de la température de l’air et des océans est pourtant clairement établi par les chercheurs du GIEC.

Cela semble donc être le grand retour de la logique libérale de développement « durable » après le Grenelle de l’environnement, sous couvert d’un plan de relance vertueux.

Pour faire passer la pilule, celui-ci sera mâtiné de souverainisme et de bigoterie verte sur la responsabilité individuelle plutôt que sur l’analyse des responsabilités de l’Etat et des entreprises et la remise en question des choix économiques nous permettant de revendiquer enfin la distribution des milliards d’euros empruntés de façon à conjurer la détresse sociale.

Parmi les principales mesures :

  • Rénover 20 millions de logements, oui ! Mais il faudra impérativement construire les logements sociaux indispensables ainsi que les services publics de proximité.
  • Favoriser les circuits courts, oui ! Mais en réorientant la PAC vers une production locale sans intrants permettant une nourriture plus saine.
  • Contenir l’étalement urbain, oui ! Mais à la condition de créer des villes complètes à partir de l’existant (activités et logements),  limitant de façon drastique l’ artificialisation des sols.
  • Réduire la place de la voiture individuelle, oui ! Mais à la condition de développer les transports en commun et les circulations douces.
  • Lutter contre la sur-consommation, oui ! Mais à la condition que les besoins fondamentaux soient ici satisfaits face à la précarité et la pauvreté, que la coopération décentralisée sorte de l’ethno-centrisme.
  • Aller vers une économie moins carbonée pour 2050, oui, c’est louable ! Mais les changements globaux qui affectent l’environnement ne peuvent attendre cette échéance.

Sans doute un référendum sur la Constitution permettrait d’en rassurer certains sur l’état de l’environnement, mais quid de l’engagement des mesures effectives de protection ? De même, la reconnaissance du crime d’ «écocide » semble n’être qu’une illusion : Appliquons déjà la Loi pollueur-payeur et les mesures de protection sanitaire pour les salariés !

Jean COUTHURES, délégué national du MdP pour l’environnement

Auteur : Jean Couthures

1 commentaire

  1. Des mesures radicales et rigoureuses sont nécessaires jusqu’à ce que nous n’ayons pas encore éliminé les erreurs.

    Publiez une réponse

Ajoutez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *