La culture à l’arrêt à Toulouse. Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin.

Sébastien NADOT, député MDP de Haute-Garonne, a interpellé la ministre de la culture lors de la séance des questions orales du mardi 23 mars.

Le Printemps est inexorable, écrivait Pablo Neruda…

Mme la ministre Roselyne Bachelot, je vous souhaite un prompt rétablissement.

Madame la ministre, la culture a besoin de respirer à nouveau à Toulouse et en Occitanie car depuis maintenant un an, la France a mis la culture à l’arrêt.

Les quais de Garonne chantés par Nougaro sont fermés et les voix des ténors enrhumés ne résonnent plus dans le Théâtre du Capitole.
Seule l’église Saint-Sernin continue d’illuminer le soir.
Le culte : oui, et c’est tant mieux. La culture : non.
C’est le quotidien triste à Toulouse.
L’aéronautique ? Avions au sol.
100 000 étudiants ? Etudes au placard.
La culture du rugby ? Sans la castagne des amateurs.
Gastronomie : que reste-t-il en dehors de notre inestimable chocolatine ?
Toulouse, c’est quantité de petits festivals, théâtres, bars, restaurants et cinémas. Pourquoi jeunes et moins jeunes sont à ce point sacrifiés à Toulouse quand sa sœur Pyrénéenne Barcelone a su garder la flamme allumée ?
La culture populaire qui faisait la fierté de la ville rose n’est plus qu’un souvenir.

La culture scientifique, avec sa cité de l’espace, son quai des savoirs, son muséum d’histoire naturelle, Aéroscopia, la halle de la machine ou encore la piste des géants, véritable exception française, connaît le même sort. Du carnaval à la fête de la musique, du musée des Abattoirs à celui des Augustins, la misère.

Ici, les professionnels de la culture sont également en grande souffrance.
A l’heure de la plus grave crise culturelle depuis la seconde guerre mondiale, voici venu le temps des précaires parmi les précaires, les vieilles fesses en ruine de Corinne Massiero comme un slogan. Rien d’autres à quoi se rattacher ?

Les mesures du Gouvernement ont permis à beaucoup de tenir financièrement, jusqu’ici. Mais cela ne suffit plus. Il faut pouvoir penser demain en nous indiquant les scénarios mis en balance.
Le Printemps est inexorable, écrivait Pablo Neruda.
La pandémie aura eu le mérite de montrer qu’au pays de Malraux, Piaf, Matisse et Nougaro, la culture n’est pas inscrite comme un droit fondamental dans la Constitution. Il faudra bien se pencher sur cette étrangeté.

En attendant, Madame la ministre, la culture est en arrêt respiratoire à Toulouse !

Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin.

Auteur : Sébastien Nadot

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